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 Les images produites par les outils informatiques dont le dessin peut être partie prenante sont-elles liées intrinsèquement au mixage, au mouvement et au montage ?

Ces liaisons rendues possibles par les divers outils et techniques numériques sont autant des formes de créations qui appellent et provoquent des « hybridations » que des injonctions aux questionnements sur les statuts de ces « nouvelles » images. Qu’en est-il donc du dessin lorsqu’il est intégré dans le « tout numérique » ou, pourrait-on dire, le « tout image » ? Quelles sont les similitudes et écarts qui sont produits par le passage du dessin sur papier au dessin numérique dont le support est l’écran ? Le dessin dit de synthèse fait ou géré par ordinateur, devenant image digitale, produit des genres de créations encore difficilement classables tant sur le plan de la poïétique de ces images que sur celui des œuvres. On devine déjà aisément la complexité ajoutée, dès lors qu’il y a association avec d’autres médiums tels que la photographie et la vidéo. 

« On a souvent répété que le XXe siècle est le siècle de l’image, je crois qu’il serait plus juste de dire que c’est le siècle des associations d’images.1». Ce réajustement de Vincent Amiel me paraît tout à fait d’à propos ; en effet à l’ère du numérique les images sont stockées sur divers types de supports, malléables et ré interprétables à volonté. Cet état de fait favorise les associations ou hybridations (entendons par-là, pour l’instant, le mixage et montage de différents types d’images par collages, superposition, incrustation et autres effets.) Ces créations numériques ou digitales prises en tenailles entre le dessin en mouvement, le dessin d’animation, le cinéma expérimental et le Found footage relèvent de l’expérimentation sur les logiciels et de pratiques dites plus « traditionnelles » du dessin qui se trouvent être en mutation.

C’est dans cette interdisciplinarité que se situe mon travail plastique. Parti d’un rapport classique et prospectif à la page ainsi qu’aux médiums graphiques, il a progressivement intégré, en passant de la feuille à l’écran et au dessin assisté par ordinateur, les images photographiques et la vidéo. Ce mélange des genres, cette tentative de fusionner des sources d’origines diverses plus ou moins repérables compose avec le code binaire qui produit des images hétéroclites certes, mais bel et bien encore problématiques quant à leur rapport au réel. La transformation des sources développe de fait un univers composite, voire artificiel, où les « greffes » d’images s’organisent sur des partitions graphiques constituées de plusieurs strates. Ces strates qui sont le plus souvent appelées calques ou pistes dans les logiciels convoquent le montage qui lui même appelle le mouvement dans la genèse même des images.

1 Vincent Amiel, Esthétique du montage, Lassay-les-Châteaux, Armand Colin - Coll. Cinéma, 2007.

 

Texte extrait de l’introduction du Mémoire de Master 2, Le dessin à l’épreuve du numérique. Images hybridées, mouvement et montage